
Dans ton lit (2022)
album 13 titres
produit par l’association à Bernard
CD disponible ici
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Paroles:
– Bernard
– Chanteur de chanson
– L’imparfait
– Des jours comme ça
– La petite gonzesse
– Les loustics
– Jacky
– Le chanteur démago
– Tes cousins
– Tout pour moi
– Les ronds de chapeau
– Sadi Carnot
– Coup de sang
Le deuxième album à Bernard qui instaure le rock’n’roll à bretelles.
Chanteur de chanson
(auteur : Bertrand Ehrhart)
C’est une stratégie, pas une vocation
Par ici les chéries, je suis chanteur de chanson française
Un peu de nostalgie, trois couplets à la con
Un pont, pour faire joli, si j’ai l’inspiration française
Moi je suis un garçon en manque d’affection
Alors je fais des chansons, je n’ai pas d’autre ambition
Que vous composer le tube de l’été
Ça parlerait d’amour qui dure toujours
C’est une stratégie…
Je n’aurais plus qu’à choisir parmi vous les pépés
Celle pour m’endormir entre ses gros nénés
Il paraît que sans l’internet, il n’y a pas moyen de pécho
Moi je joue de la clarinette dans les bistrots
Moi je suis un garçon…
C’est une stratégie…
L’imparfait
(auteur : Bertrand Ehrhart)
Je t’aime quand tu me regardais que tu me disais oui
Je t’aime quand tu restais au lit, que tu me souriais
J’aime quand tu me téléphonais, que tu ne me prévenais pas
Je t’aime quand tu restais chez moi, que tu me déshabillais
Je t’aime quand tu savais me dire les mots
Je t’aime quand tu voulais te remettre au piano
Je t’aime quand tu m’attendais seule dans ta maison
Je t’aime quand tu aimais écouter mes chansons
Je t’aime quand tu aimais mes défauts, que tu me trouvais beau
Tu m’ôtais mes chaussures, tu soignais mes blessures
Tu retirais les fléchettes que j’avais dans le dos
Tu lavais mes chaussettes, tu brossais mon chapeau
Je t’aime quand tu chantais, que tu aimais chat
Je t’aime quand tu me disais « je t’aime », que je ne te croyais pas
Je t’aime quand tu m’aimais, que tu embrassais mes yeux
Je t’aime à l’imparfait, quand je te coupais les cheveux
Je t’aime quand tu lisais les livres que j’aimais
Je t’aime quand tu riais, je t’aime quand tu pleurais
Quand tu me surveillais, comme sur le feu le lait
Je t’aime quand tu dormais, moi je te regardais
Je t’aime quand je t’attendais seul, que n’étais pas là
Je t’aime quand tu me faisais la gueule, quand tu n’importe quoi
Je t’aime quand tu m’aimais, que tu embrassais mes yeux
Je t’aime à l’imparfait, quand je te coupais les cheveux
Mais tu as tout bouffé le pain, le beurre et le jambon
Il ne me reste rien que le bocal à cornichons
Tu m’as redit les mots, tu m’as servi ta soupe
Tu as pris du jambonneau sur les cuisses et la croupe
Tu m’as montré les dents, tu n’as plus aimé mon chat
Tu n’as plus voulu d’enfant, tu n’as plus voulu de mes bras
Moi qui restais debout, j’écorche mes genoux
Je t’aime quand nous étions encore, je t’aime encore mais tu t’en fous
Je t’aime quand je te coupais les cheveux
Des jours comme ça
(auteur : Bertrand Ehrhart)
Tous les jours elle me dit « bonjour »
Elle me dit « mon amour » (elle me dit)
Tous les jours elle me dit bonjour
Elle me dit c’est toi le plus beau
Le plus costaud
Le plus marrant
Le plus gentil tout le temps
Le plus intelligent des gens
Tous les jours elle me dit « bonjour »
Elle me dit « mon amour » (elle me dit)
Tous les jours elle me dit bonjour
Elle me dit c’est toi le plus doux
Le plus bourré de qualités
Elle s’assoit sur mes genoux
Bisous dans le cou, partout les joues
C’est la femme de ma vie
Celle qui me délasse
Oui, les godasses
Elle m’embrasse, elle me masse
Elle m’enlace, elle me passe tout
Tous les jours elle me dit « bonjour »
Elle me dit « mon amour » (elle me dit)
Tous les jours elle me dit bonjour
Elle me dit c’est toi le mieux proportionné
Le ciel bleu peut bien s’écrouler
Et la terre peut bien s’effondrer
C’est la femme de ma vie
Celle qui me délasse
Oui, les godasses
Elle m’embrasse, elle me masse
Elle m’enlace, elle me passe tout
Tous les jours elle me dit « bonjour »
Elle me dit « mon amour »
La petite gonzesse
(auteur : Bertrand Ehrhart)
C’est une petite gonzesse
Qui a de bien jolies fesses
Je lui donnerais des caresses
Si j’osesse, mais je n’osesse pas
C’est une petite nana
Qui a de bien beaux appâts
Je lui ferai du plat
Si j’osâ, mais j’osâ plous
Dans ma petite tête ça boue
Il faut que je lui avoue
Un jour je lui dirai tout
Joujou caillou chou
C’est une petite nénette
Qui a de bien jolies couettes
Je l’emmènerais sous ma couette
Si j’osette, mais j’osette pas
C’est une petite poupée
Qui a bien du toupet
Je l’emmènerais au Touquet
Si j’osais, mais j’osais pâche
Car je suis bien trop lâche
Cent fois mes mots je mâche
C’est une bien lourde tâche la vache
C’est une toute petite meuf
Qui habite rue Marboeuf
Je lui ferais un effet boeuf
Si j’oseuf et Marie
C’est une bien jolie môme
De moi elle ferait un homme
Même que je lui ferais des mômes
Si s’osôme, mais j’osôme pas
Angela dans mes bras
C’est là que je voudra que tu sois
Angela j’ai si froid
Quand tu n’es pas là
Angela j’ai si froid quand tu n’es pas là
Et à gla gla
Les loustics
(auteur : Bertrand Ehrhart)
Comme ils ont tous à part deux ou trois cas cliniques
Entre les jambes un revolver automatique
Entre nous je me demande si c’est tellement ergonomique
Il faudrait admirer leurs mouvements de mécaniques
Il faut les voir jouer les poètes romantiques
Enchaîner les banalités soporifiques
Le front moite et l’œil glauque le souffle épileptique
Tout ça pour nous embobiner c’est pathétique
Leur vision des bergères est énigmatique
Ils ne rêveraient que de bombes atomiques
C’est en tout cas ce que racontent les statistiques
Ils ont confondu l’amour et la gymnastique
Le sourire distordu par d’horribles tics
Ils se croient séduisants chez eux c’est génétique
J’ai contracté une allergie épidermique
Aux grimaces qui cachent des envies pas catholiques
Autrefois je les consommais en boulimique
Dorénavant je n’ouvrirai plus ma boutique
Qu’en cas de surplus pondéral, pour l’esthétique
Et ne me les farcirait qu’à doses homéopathiques
Montés comme des moustiques, gaulés comme des lombrics
Ils peuvent toujours se brosser pour les travaux pratiques
Motivés par un consentement hypothétique
Je leur garantis un râteau systématique
J’ai connu des loustics à l’Opéra Comique
Mais on ne me la fait plus, je connais la musique
Qu’ils soient laids comme des poux, qu’ils soient photogéniques
Si encore ces histoires m’avaient rapporté du fric
Mais qu’ils soient barbus poilus, ventrus ou britanniques
Trapus, velus, joufflus, bavards ou laconiques
Leurs simagrées ont fini par me rendre hystérique
Ego ou excentriques, ils me barbituriquent
Moi qui ne suis certes pas contre l’amour physique
Ni contre de temps en temps un bon coup de trique
J’avoue ma lassitude de ces regards lubriques
Posés sur mon anatomie fantasmatrique
Jacky
(auteur : Bertrand Ehrhart)
Il n’y a que bourré qu’on est bien
Comme disait l’autre jour Jacky
Prends le volant, moi j’ai les mains
Qui tremblent et la tête à Berlin
De toute façon, je n’en ai rien à carrer
Comme disait l’autre jour Jacky
J’ai dans le dos la célébrité
Tous des cons, ils n’ont rien compris
Tu as eu beau être beau
Tu as eu beau chanter dans le micro
A force d’y travailler incognito
Tu as fini, Jacky, par bouffer ton chapeau
Je profite du peu de temps
Comme disait l’autre jour Jacky
Qu’il me reste à rester vivant
Pour faire mon intéressant
Ma biographie ce n’est pas une vie
Comme disait l’autre jour Jacky
Mais si je dois finir dans un lit
Que ce soit celui de ma Sylvie
Tu as eu beau être beau…
Depuis le temps que je tire au flan
Je ne compte plus mes enfants
On ne fait pas tout ce qu’on veut dans la vie
Comme disait l’autre jour Jacky
Et le jour où j’en aurai fini
Comme disait l’autre jour Jacky
J’irai bander aux quatre vents
De l’autre côté du paradis
Sous le plus vieux cerisier blanc
Comme disait l’autre jour Jacky
Du verger de mes grand-parents
C’est là que j’ai connu Sylvie
Tu as eu beau être beau…
Le chanteur démago
(auteur : Bertrand Ehrhart)
Je suis contre la misère, et contre la guerre, sans hésiter
Je veux signer de mon nom une pétition qui fera trembler
Tous les méchants de la terre, car je suis sincère
C’est rare dans le métier
Je suis chanteur démago, j’ai ça dans la peau
Je suis chanteur démago, j’aime mon boulot
Je n’ai pas à me forcer
Si je soigne mon image de petit garçon sage, pour plaire à ta mère
Que tu ne sois pas déçu, je montre mon cul sur un grand poster
Et j’ai dans mon répertoire trois chansons à boire
Conçues pour ton père
Je suis chanteur démago…
Un peu de vulgarité, si c’est bien dosé, ça fait populaire
Pour parvenir au sommet de la notoriété, il faut rassembler
Des idées qui puissent faire, en deux coups de cuiller
L’unanimité
Si j’ai choisi la musique, c’est pour mon public, et pour mes idées
J’en ai beaucoup à défendre, pas autant qu’à vendre, il faut bien bouffer
Depuis le début de ma carrière, j’ai toujours été contre la misère
Et contre la guerre
Je suis chanteur démago…
Tes cousins
(auteur : Bertrand Ehrhart)
Tes cousins sont des gens bien, dans l’ensemble
Ils nous invitent parfois, on y va
On mange bien chez tes cousins, dans l’ensemble
Après déjeuner, s’il ne pleut pas
Nous marchons quelques pas
Sur la plage, qui n’est pas loin, dans l’ensemble
Il faut dire que tes cousins, des gens biens
Habitent à Berck-Plage
Nous ne rentrerons pas, il est trop tard
Nous restons chez tes cousins, pour le soir
J’aurais bien fait un petit tour à la foire
Les autos, les mobs tampons, les loubards
La promenade jusqu’au snack-bar
Les frites et les cheveux gras des motards
Les cris des papas, les barbes à pétard
Quand c’est la foire à Berck-Plage
Petit détour par la rue des anglais
Le grand hôtel et la gare de chemin de fer
Et le front de mer
À l’abri derrière l’usine des dunes
Les chars à l’air, la jolie manche à voile
J’en arrive à oublier tes cousins
Tout pour moi
(auteur : Bertrand Ehrhart)
Tu ferais tout pour moi
Tu es complètement gaga de moi
Si je te demandais, rien que tu n’oserais
Mais je ne t’ai rien demandé, jamais
Pas la peine d’insister, tu n’es pas le premier
Encore moins le dernier lascar
Quand je vois ton teint blafard
Ça me fait faire des cauchemars
Tu devrais te coucher moins tard le soir
Ne t’en fais pas j’ai compris
C’est moi tes insomnies
Tu restes là, transi, tant pis
Au début j’ai souri, tu m’as presque attendri
J’étais toute la vie, mais bon
Je n’y peux rien c’est comme ça
Ne reste pas planté là
Je ne supporte pas tout ça
Tu ferais tout pour moi…
Tu es mon nain de jardin
Un clébard, un larbin
Rien dont je n’aie besoin, non de rien
Remballe tes cadeaux
Tes bouquets, ton auto
Et ton coeur d’artichaut, c’est trop
Du balai s’il te plaît, non c’est une expression
Ne passe pas le balai, tu es con
Tu ferais tout pour moi…
Quand je pense à ton nez
Au milieu de ta figure
Il me vient des idées
De bavure au cyanure
Les ronds de chapeau
(auteur : Bertrand Ehrhart)
Je n’en peux plus mon coeur est lourd je souffre trop
Ha ça je peux dire que j’en ai chié des ronds de chapeau
Dans la vie on ne m’a jamais fait de cadeau
À chaque fois que j’ai joué, j’ai perdu au loto
J’ai pris l’avion trois fois déjà, et j’avais peur
Mes grand-parents ont toujours préféré ma soeur
J’ai passé tous mes Noël avec mes cousines
J’en ai soupé du réfectoire de la cantine
Je me demande comment j’ai bien pu survivre à tout ça
Si tu voulais tu pourrais prendre soin de moi
Je n’en peux plus mon coeur est lourd je souffre trop
Ha ça je peux dire que j’en ai chié des ronds de chapeau
Dans la vie on ne m’a jamais fait de cadeau
Ma mère me faisait éplucher les haricots
J’allais tous les mercredis soirs à la piscine
Je rentrais tordu de douleurs abdominales
Je me suis blessé en ouvrant des boîtes de sardines
L’équipe de France a perdu en demie finale
Je me demande comment j’ai bien pu survivre à tout ça
Si tu voulais tu pourrais prendre soin de moi
Je n’en peux plus mon coeur est lourd je souffre trop
Ha ça je peux dire que j’en ai chié des ronds de chapeau
Dans la vie on ne m’a jamais fait de cadeau
À quinze ans j’ai fait une chute de vélo
En Normandie il a plu tout l’été dernier
Ces putain de bottes kaki me font mal aux pieds
Je ne sais pas si tu sais mal je n’ai pas la télé
Et j’ai fini de lire toutes les bandes dessinées
Je me demande comment j’ai bien pu survivre à tout ça
Pourtant, je peux dire qu’entre toi et moi tout baigne
Il paraît qu’il y en a qui vivent des vies pires que la mienne
Je ne suis plus seul au monde, il ne faut pas que je me plaigne
Aime-moi
Sadi Carnot
(auteur : Bertrand Ehrhart)
Ils étaient quatre matelots
Gaffe à la bôme dans ta gueule
Ils étaient quatre matelots
De retour de la pêche au maquereau
Gaffe à la bôme dans ta gueule
Quand tu vires de bord
Elle trimardait rue Sadi Carnot
Gaffe à la bôme dans ta gueule
Elle trimardait rue Sadi Carnot
Lascive comme la Calipso
Gaffe à la bôme dans ta gueule
Quand tu vires de bord
Une seule bergère pour quatre poivrots
Gaffe à la bôme dans ta gueule
Une seule bergère pour quatre poivrots
Ça ne pouvait faire que des grumeaux
Gaffe à la bôme dans ta gueule
Quand tu vires de bord
Ils ont tous fini ex aequo
Gaffe à la bôme dans ta gueule
Ils ont tous fini ex aequo
Du sirop plein le caniveau
Gaffe à la bôme dans ta gueule
Quand tu vires de bord
Quand tu t’expliques à coups de couteau
Gaffe à la bôme dans ta gueule
Quand tu t’expliques à coups de couteau
Ça fait des trous dans les tricots de peau
Gaffe à la bôme dans ta gueule
Quand tu vires de bord
La libido du matelot
C’est un peu comme la météo
Tu lui annonces demain il fera beau
Le lendemain il finit comme Sadi Carnot
Rue Sadi Carnot
À rendre ses tripes et ses boyaux
Ils étaient quatre matelots
Gaffe à la bôme dans ta gueule
Ils étaient quatre matelots
De retour de la pêche au cachalot
Gaffe à la bôme dans ta gueule
Quand tu vires de bord
Ils étaient pourtant copains comme cabillauds
Depuis le temps qu’ils faisait des ronds dans l’eau
Gaffe à la bôme dans ta gueule
Quand tu vires de bord