
La Commune à Bernard (2021)
EP 5 titres
produit par l’association à Bernard
téléchargement libre ici
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Paroles:
– J’attends une belle
– La banque
– La Commune
– La sauce à l’échalote
– La semaine sanglante
Bernard se font mal voir des idolâtres d’une commune mythique, en jetant les musiques connues comme originales, parce que, n’importe quel musicologue vous le dira, on chantait, aux alentours de 1870, généralement, sur n’importe quel air, pourvu que tout le monde le connaisse. Bernard ont mis leurs musiques sur des textes communards, parce-que la Commune n’est pas morte.
J’attends une belle
(auteur Eugène Pottier)
J’attends une belle, une belle enfant
J’appelle et j’en parle aux passants
Je ne suis sans elle qu’un agonisant
Je vais sans semelle, sans rien sous la dent
Transi quand il gèle, sans gîte souvent
J’ai dans la cervelle du vent
Bétail on m’attelle, esclave on me vend
La guerre est cruelle et l’usurier pressant
L’un suce ma moelle, l’autre boit mon sang
Ma misère est telle que j’en suis méchant
Viens la belle guérir ton amant
Je t’attends mais t’attendrai-je encore longtemps?
J’attends une belle, une belle enfant
J’appelle et j’en parle aux passants
Viens la belle guérir ton amant
Je t’attends mais t’attendrai-je encore longtemps?
La banque
(auteur Jean-Baptiste Clément)
Voilà des mois qu’on ne fait rien,
Cependant, comme un galérien,
On arpente la capitale,
Et sans une croûte à ronger,
L’estomac bat la générale
À la porte du boulanger.
La faim a gagné nos faubourgs ;
Ça ne peut pas durer toujours.
Quand nos enfants veulent du pain.
C’est pas possible de leur dire :
Nous vous en donnerons demain.
REFRAIN :
Le travail manque !
Il est grand temps,
Les enfants,
D’aller faire un tour à la banque.
On jeûne et l’on est endetté,
Tout est au Mont-de-piété,
On couche à même la litière,
On a mis jusqu’aux draps de lit !
Et l’on a beau pleurer misère,
Les marchands ne font plus crédit.
Ne serait-il pas plus moral,
Pour mieux remédier au mal,
De troubler un peu l’existence
Des crésus et des ripailleurs
Qui nous condamnent à l’abstinence
REFRAIN
Il est de toute utilité
Tandis que nous ne vivons pas
D’ouvrir un petit peu « Le Grand Livre »
De ceux que nous faisons bien vivre
Il paraît que les financiers,
Les commerçants, les usiniers,
Sont logés à la même enseigne.
Ils font faillite à qui mieux mieux.
Les pauvres gens ! Le coeur m’en saigne !
Si nous pouvions faire comme eux !
Tous les gouvernements défunts
Ont bien contracté des emprunts.
Puisque la crise est générale,
Obligeons les à partager
Prenons l’argent là où y en a
REFRAIN
La Commune
(auteur: Aristide Bruant)
Le fracas du canon s’entend à l’horizon
C’est la Commune
Le fracas du canon s’entend à l’horizon
C’est la Commune
Combien de proclamés, chacun, chacune
Pour elle veut s’armer :
Debout, Debout ! Paris tressaille !
Debout, Debout !
C’est la bataille !
La sauce à l’échalote
(auteur: Emile Dereux)
Vive la Paix ! La France est aux enchères ;
Demain, bourgeois, vous pourrez regoinfrer.
Bismarck attend au château de Ferrières
Que dans Paris, Thiers lui dise d’entrer.
Favre griffonne un dernier protocole,
Trochu renonce à son plan incompris…
Sortons la batterie de casseroles :
Pour un beefsteack vendons Paris
Que font à moi l’Alsace et la Lorraine ?
Dans ces pays, je n’ai ni champ ni bien.
Que le Prussien me les laisse ou les prenne,
Je m’en bats l’œil, car je n’y perdrais rien.
Plus que Strasbourg, ma table m’intéresse :
Metz ne vaut pas une aile de perdrix ;
Et puis, tout ça fait bouder ma maîtresse…
Pour un beefsteack vendons Paris
J’entends au loin des cris de résistance,
De lutte à mort, de patrie et d’honneur !
Mon ventre seul exige une vengeance :
Sous le nombril j’ai descendu mon cœur.
Libre aux manants de rester patriotes,
Et de mourir sous les feux ennemis ;
Moi, j’aime mieux la sauce aux échalotes…
Pour un beefsteack vendons Paris
Allons, c’est dit, bobonne, fais toilette ;
Au salon bleu remets des rideaux neufs.
Et toi, Manon, va battre l’omelette :
Grâce aux Prussiens, nous mangerons des œufs.
Je veux demain recevoir à ma table
Trois Bavarois, et je veux qu’on soit gris…
Vive la paix ! la Patrie est au diable !
Pour un beefsteack vendons Paris
La semaine sanglante
(auteur Jean-Baptiste Clément)
Sauf des mouchards et des gendarmes,
On ne voit plus sur les chemins,
Que des vieillards tristes en larmes,
Des veuves et des orphelins.
Paris suinte la misère,
Les heureux mêmes sont tremblants.
La mode est aux conseils de guerre,
Et les pavés sont tout sanglants.
On traque, on enchaîne, on fusille
Tous ceux qu’on ramasse au hasard.
La mère à côté de sa fille,
L’enfant dans les bras du vieillard.
Refrain :
Oui mais ! Ça branle dans le manche,
Ces mauvais jours-là finiront.
Et gare ! à la revanche
Quand tous les pauvres s’y mettront.
Les châtiments du drapeau rouge
Sont remplacés par la terreur
De tous les chenapans de bouges,
Valets de rois et d’empereurs.
Demain les gens de la police
Refleuriront sur le trottoir,
Fiers de leurs états de service,
Et le pistolet en sautoir.
Refrain
Demain les Manon, les Lorette
Et les belles dames des beaux faubourgs
Porteront sur leurs collerettes
Des chassepots et des tambours
Le peuple au collier de misère
Sera-t-il donc toujours rivé ?
Jusques à quand les gens de guerre
Tiendront-ils le haut du pavé ?
Nous voilà rendus aux jésuites
Aux Mac-Mahon, aux Dupanloup.
Il va pleuvoir de l’eau bénite,
Les troncs vont faire un argent fou.
Refrain